« Les élections sont une opportunité que la démocratie offre à un peuple pour renouveler, sans violence, la classe dirigeante en remplaçant la médiocrité par l’excellence. Un peuple grand et éclairé qui peut espérer le bonheur, est celui qui propulse au pouvoir, par le vote, les meilleurs de ses citoyens, détenteurs des valeurs morales et des qualités intellectuelles incontestables et animés de la ferme volonté d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs concitoyens ! » 

INTRODUCTION 

L’organisation des élections constitue une des dispositions constitutionnelles de tous les Etats qui se réclament démocratiques. Il s’agit d’un mécanisme prédisposé par les textes légaux qui met en interaction la classe dirigeante et celle aspirant au pouvoir avec le peuple afin  de garantir l’alternance au pouvoir. Le peuple - souverain primaire – est ainsi appelé à opérer librement le choix de ceux qui doivent le diriger. Ces derniers, une fois au pouvoir, mettront alors en place un ensemble de lois et des règles auxquels tout le monde, sans exception (dirigeants et dirigés), doivent soumission et obéissance. Dans ce cas, nous disons qu’il y a Bonne gouvernance. 

Il est presque sans objet de vouloir définir la jeunesse. Il s’agit tout simplement de cette tranche d’âge qui s’étale entre l’enfance et la maturité. La jeunesse c’est aussi et surtout un état d’esprit qui rend une personne - quel que soit son âge - alerte, sensible, à tout ce qui se passe dans son environnement. Mis à part certaines faiblesses qu’on peut retrouver chez les jeunes (les réactions émotionnelles incontrôlées, la  précipitation dans l’action…), l’histoire de l’humanité démontre que la jeunesse a toujours été le moteur du changement, car la jeunesse est plus sensible, plus réceptive au message du changement. Elle est, mieux que toutes les autres couches sociales, prédisposée à militer pour l’instauration d’une société plus juste. Tel a été le cas lorsqu’avait soufflé le vent des indépendances en Afrique vers les années 60 et qui avait mit fin à la colonisation. Les jeunes comme vous se sont levé pour dire HAUT ET FORT NON ! à la domination, NON ! à la colonisation, NON à l’exploitation de l’homme noire par l’homme blanc. Tel a encore été le cas lors de l’apartheid en Afrique du Sud où les jeunes noirs, voire les élèves des écoles primaires, ont bravé la peur et marchèrent contre les chars de combat des oppresseurs blancs. Tel fut le cas lorsque la ville de Bukavu est tombée entre les mains des rebelles en 2004 ; on a vu tous les jeunes de la RDC se lever comme un seul homme dans toutes les provinces pour réclamer HAUT et FORT la libération de la ville de Bukavu. Tel fut le cas dernièrement lors des révolutions du printemps arabe (Tunisie, Egypte) ; lors de la révolution au Bourkina Fasso ; ce sont les cas les plus récents encore très frais dans nos mémoires, où les jeunes ont mis fin aux régimes dictatoriaux de Benali, de Moubarak et de Blaise Compaoré.  

Ces constats amers peuvent nous aider à répertorier un ensemble de besoins non satisfaits recherchés par la plupart des êtres humains, une situation irrégulière qui indispose la majorité de membres de la société et qu’on voudrait à tout prix changer. En 1960 il s’agissait de la domination des noirs par les colons blancs : besoin de l’indépendance. En Afrique du Sud c’était l’oppression et l’exploitation de l’homme noir par l’homme blanc (le racisme) : Besoin de liberté. A Bukavu c’était une tentative de balkanisation de la RDC : besoin de conserver l’intégrité territoriale d’un Etat. En Tunisie, en Egypte, au Burkina Fasso, il y a avait trois dictatures de plusieurs décennies : besoin de la démocratie ou d’alternance au pouvoir.  

Aujourd’hui notre préoccupation n’est pas l’analyse du contenu du changement que le peuple congolais recherche. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y a un besoin pressant de changement dans plusieurs secteurs de la vie nationale. Quad vous circulez dans la cité, dans les différentes communes de Kinshasa, vous pouvez constater avec moi que 95% de kinois sont physiquement et socialement misérables. Je suis l’un de ces kinois misérables. Le manger et le boire posent encore des sérieux problèmes pour la majorité des familles kinoises. L’accès à l’eau et à l’électricité est un privilège pour certain, un calvaire pour d’autre. Seuls 9% des congolais ont accès à l’électricité, et moins de 30% ont accès à l’eau potable. Le logement, le payement de loyers, un sérieux problème pour les locataires. La scolarisation des enfants demeure un casse-tête pour les parents. Plus de 60% des enfants ne vont pas à l’école. Le soin de santé un tourment chaque fois qu’on est malade. Dans certains coins de la République, il n’y a ni dispensaire, ni infirmier, moins encore un médecin. L’inhumation même des morts devient une source d’appauvrissement de plusieurs familles à Kinshasa (Le cercueil le moins cher coûte dans les 200$. La tombe au moins 300$, Les frais de la morgue 50$ par jour… la veillée mortuaire pas moins de 500$ pour les familles pauvres…)…  Toutes ces dépenses doivent être exécutées par un fonctionnaire qui a un salaire de moins de 100$ par mois. Nous pouvons ajouter le chômage des jeunes, le salaire de misère pour ceux qui sont employés, l’insécurité dans les villes et beaucoup plus dans la partie Est du pays, la difficulté de voyager faute de route ou d’argent liquide pour se payer un billet de bus ou d’avion (Pour aller de Brazzaville en Chine aller et retour, il vous faut juste 800$, alors que pour aller de Kinshasa à Bunia aller et retour, dans votre propre pays,  il vous faut avoir 1100$,  Kinshasa-Lubumbashi aller et retour vous coûte environs 1400$ sans compter d’autres frais supplémentaires...)… La stabilité macroéconomique (stabilité du taux de change, la croissance économique envoisinant 9%, taux d’inflation réduit de 500% à environs 1%...) dont nous parlent très souvent les différents premiers ministres n’ont malheureusement aucun impact réel sur le vécu quotidien de la population congolaise. Seuls les économistes peuvent nous expliquer ce paradoxe. Les différents slogans « Finie la recréation ! Les 5 Chantiers ! La révolution de la modernité ! La RDC pays émergent d’ici l’an 2030 ! … » sont des programmes sans contenus car non chiffrés et non planifiés dans le temps et dans l’espace.  

Bref, il y a des vrais problèmes qui se posent et qui nécessitent des profonds changements en RDC. Ces problèmes peuvent être résolus, CHANGER, si nous avons des vrais leaders à la tête du pays, des personnes capables de transformer les richesses potentielles de la RDC (faune, flore, sol et sous-sol, eaux douces, culture et art, population active…) en richesse réelle pour ramener le PIB de la RDC qui est actuellement d’environs 400$ par habitant (chaque congolais vit avec environs 1,25$ par jour) à plus ou moins 4000$ par habitant dans les 10 prochaines années. A Singapour, pour votre gouverne, le PIB était de 29000$ par habitant déjà vers les années 2012. Toutes les routes de Singapour sont goudronnées. Tout le monde, sans exception aucune, a accès à l’eau potable et à l’électricité...  La ville de Singapour est extrêmement propre ; un sachet ou papier jeté sur la voie publique vous vaut une amende de 1000$... Ce changement s’est opéré grâce à un leadership fort et visionnaire d’un leader qui a changé l’image de ce pays, méconnu il y 20 ans, mais qui est devenu aujourd’hui le point d’attraction du monde entier. Le Brésil de Lula est un autre bon exemple d’un pays qui s’est transformé par le leadership d’un homme, sans diplôme universitaire, mais qui a réalisé des exploits spectaculaires en quelques années pour faire du Brésil un pays émergent, au même titre que l’Inde. 

Avec toutes les richesses que la RDC dispose, il est inconcevable que nous puissions avoir un budget envoisinant toujours 5 milliards de dollars dans l’exécution. Aucun universitaire congolais n’est en mesure de nous proposer un budget de 500 milliards de dollars par an alors qu’il en faut au moins 700 milliards par an pour résoudre les problèmes préliminaires des 70 millions des congolais. Nous avons besoins d’une intelligence hors du commun mais d’une personne ordinaire pour imaginer les mécanismes de production des richesses immenses en RDC (ce qui est tout à fait possible) et la méthode de leur redistribution équitable pour tous les citoyens. Ce qui énerve les personnes éclairées, c’est qu’il existe dans ce pays des personnes qui sont plus riches que l’Etat congolais. Certaines sources concordantes nous parlent d’un individu qui aurait amassé à lui seul plus de 15 milliards de dollars américains en moins de 15 ans. D’autres sources parlent d’un autre individu qui aurait détourné plus de 20 milliards de dollars à lui seul, alors que la caisse de l’Etat congolais est incapable de rassembler 5 milliards de dollars par an… C’est inacceptable et révoltant !  

Lorsque vous deviendrez insensible à tout ce qui se passe anormalement autour de vous, lorsque vous cesserez de réagir contre l’injustice et l’anarchie qui règnent dans votre société, dites-vous que vous avez cessé  d’être jeune ! Vous pouvez, dans ce cas, vous trouver une place dans le home des vieillards (il y en a à Kintambo…). La première responsabilité de la jeunesse devrait être cette prise de conscience pour dénoncer ce mal qui a atteint son paroxysme et pour se lever et se mettre en quête des valeurs et des capacités intellectuelles pour faire de lui-même un leader du changement. Rappelez-vous, aucun peuple n’a pour mission le développement d’un autre peuple !  Le leader qui va transformer le Congo ne viendra pas des USA, ni de la France, ni de la Belgique, ni de grande Bretagne, ni de l’Allemagne, ni de la Russie, ni de la Chine, ni de l’Inde... Il proviendra du patrimoine humain congolais. Et donc, c’est vous qui entendez ou lisez cette interpellation qui êtes le leader que les 70 millions des congolais recherchent acharnement pour les sortir de la misère et de l’opprobre. 

Mais qu’est ce qu’un vrai leader ? Il y a beaucoup de définition de leader ou de leadership. Quant à moi, je considère comme leader, une personne animée de la ferme volonté d’œuvrer pour le bien-être de ses concitoyens et disposant des qualités morales et des capacités intellectuelles incontestables pour cette fin et qui s’engage effectivement pour résoudre les problèmes qui se posent au sein d’une société quelconque en impulsant le concours et la participation de toutes les personnes concernées. 

Il y a donc la VOLONTE, LA CAPACITE et L’ENGAGEMENT qui doivent intervenir dans le chef d’un leader qui, en d’autre mot, n’est qu’un SERVITEUR. Il est et il doit toujours être au service de ses semblables !  

Nous reviendrons un autre jour pour parler du leadership qui est une qualité innée chez certains, acquise chez d’autres, mais qu’on peut développer chez tous. Ce qui nous intéresse pour le moment, c’est de savoir comment propulser à la tête des institutions publiques, par les élections, les meilleurs de nos citoyens, détenteurs des valeurs morales et des qualités intellectuelles, et qui serraient prêt à s’engager pour impulser la participation de tous les citoyens au travail afin de produire le changement recherché : LE BIEN-ETRE. C’est donc, une responsabilité commune qui incombe à tous les membres de la société congolaise, mais plus particulièrement aux jeunes congolais, parce que les jeunes constituent la majorité (plus de 60%) de la société congolaise.  

Les élections constituent donc la seule et la meilleure façon de placer des vrais leaders à la tête des institutions (entreprises) publiques, pour produire le changement voulu. Voilà pourquoi nous avons pensé nous focaliser sur la question des élections en RDC, car c’est lorsque ce processus est bloqué ou entaché d’irrégularités que surviennent de fois des troubles, des révolutions, voire des guerres. C’est ce que nous ne souhaitons absolument pas pour notre cher pays qui a tant souffert ! 

Avant de parler des responsabilités de la jeunesse pour une bonne organisation des élections en RDCongo, il est plus indispensable de savoir, dans un premier temps, comment s’organise le processus électoral dans un pays réellement démocratique. Mais nous commencerons tout d’abord par brosser, en quelques lignes, l’histoire des élections dans notre pays.  

I. HISTOIRE DES ELECTIONS EN R.D.CONGO 

Pour ce qui est de notre pays, les élections dans leur vrai sens du mot, ne datent que de quelques années, contrairement à la France et aux USA qui ont une expérience des élections de plus d’un siècle. Lorsque notre pays devait accéder à l’indépendance en 1960, les toutes premières élections démocratiques furent organisées au suffrage universel direct pour le choix des parlementaires. De ces élections, le MNC (Mouvement National congolais) de Patrice Emery Lumumba a constitué la majorité parlementaire, c’est-à-dire, les députés élus membres du parti MNC furent plus nombreux que le reste des députés élus membres des autres partis politiques présents au parlement. Il faudra noter que la constitution ou loi fondamentale de l’époque disposait que le premier ministre devait provenir du parti politique qui as la majorité au Parlement. C’est ainsi que Mr Patrice Emery Lumumba, président du MNC, devint le tout premier Premier Ministre de l’histoire de la République Démocratique du Congo indépendant.  

Puis on devait procéder à l’élection du président de la République. Celui-ci, selon les dispositions des mêmes textes légaux (loi fondamentale), devait être élu au suffrage universel indirect, c’est-à-dire, il devait être élu par les parlementaires élus. Dans ce cas on parle de « l’élu des élus ».  De ces dernières élections, Mr Joseph Kasavubu, président de l’ABAKO (Alliance des Bakongo), fut élu comme le tout premier Président de la République Démocratique du Congo indépendant. Il convient de noter que  l’élection de monsieur Joseph Kasavubu fut l’objet d’un arrangement entre le MNC (majoritaire au parlement) et l’ABAKO dont les adeptes étaient très nombreux à Kinshasa, mais aussi cela s’est fait sous l’influence du pouvoir colonial qui trouvait chez Monsieur Kasavubu, l’ancien séminariste, un homme consensuel, capable de faire d’autres concessions à la Belgique qui ne voulait pas du tout lâcher le Congo.. Autrement, c’est encore le MNC qui pouvait gagner le poste du président de la République. 

Vous êtes sans ignorer que, juste 4 jours après l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale le 30 juin 1960, le pays a sombré dans la confusion. Il s’en est suivi l’assassinat du Premier Ministre Patrice Emery Lumumba le 17 janvier 1961, puis des multiples rebellions (Mulele…) se sont installées à travers le pays jusqu’au 24 novembre 1960 lorsque, par un coup d’Etat, Mr Mobutu accédera au pouvoir. Durant toute cette période de troubles, voire pendant son règne de 32 ans, aucune élection digne de ce nom ne fut organisée dans ce pays. Vous vous rappellerez la mascarade  d’élections que le dictateur Mobutu organisa en 1987 où il était le candidat unique à la magistrature suprême. Personne autre, sauf  lui, n’avait droit de postuler à ce poste. Le peuple congolais avait, apparemment, le choix de voter pour (avec un bulletin de couleur verte) ou contre (avec un bulletin de couleur rouge) le candidat unique. Mais l’armée et la police furent déployées sur toute l’étendue de la République pour contraindre tous les électeurs à voter avec un bulletin vert, à l’exception de la capitale et quelques grandes villes où quelques jeunes vigilants et résistants ont pu voter avec un bulletin rouge en dépit des intimidations des soi-disant « forces de l’ordre ». Le maréchal président fut élu avec 95% des voix ! Le Rwanda voisin est un exemple similaire… 

 En 1997, plus précisément le 17 mai, Mr Laurent Désiré Kabila, s’accapare du pouvoir par les armes et met fin au régime dictatorial de Mobutu. Celui là, pendant qu’il avançait vers Kinshasa à partir de Fizi- Baraka, organisait une sorte d’élections dites populaires où la masse, présente au meeting, devait choisir, en main levée, leurs dirigeants. C’est par cette méthode que furent élus la plupart des commissaires des districts, des gouverneurs des provinces... Mzee L.D.Kabila mit en place une Assemblée Nationale présidée par Mme Omatuku qui siégeait à Lubumbashi et dont les membres étaient cooptés (sélectionnés). Mzee sera abattu dans son bureau du Palais de marbres le 16 janvier 2001 pendant que l’Est du pays, depuis le 02 Août 1998, était occupé par les troupes rwandaises et ougandaises qui s’étaient choisit des gérants congolais pour administrer cette partie du pays. C’est ainsi que vont naitre le RCD/Goma d’Azarias Ruberwa, le RCD/K-ML d’Antipas Mbusa Nyamwisi, Le RCD/N de Roger Lumbala, le MLC de Jean Pierre Bemba, l’UPC de Thomas Lubanga; les deux derniers se trouvant actuellement à la CPI poursuivis pour crime contre l’humanité, crime de guerre et/ou enrôlement des enfants soldat.  

Puis, Joseph Kabila accédera au pouvoir le 26 janvier 2001 par un mécanisme non encore élucidé jusqu’à ces jours. Notez qu’aucune disposition légale, en 2001, ne prévoyait le mécanisme de succession du chef de l’Etat au pouvoir. Si nous étions démocrates, c’est madame Omatuku qui  devait présider la transition et organiser les élections du président de la République… Il s’en suivra des négociations pour la réunification du pays alors divisé en plusieurs morceaux. Le nouveau président installé débutera des négociations avec les rebelles de l’Est pour la réunification du pays. Du Dialogue Inter congolais de Sun City en Afrique du Sud en 2003 sortira le fameux 1+4, c’est-à-dire un chef de l’Etat (Joseph Kabila) secondé par 4 vices Présidents (JP Bemba, N’zaidi Ngoma, Abdoulayi Ndombasi et Azarias Ruberwa). Ils formèrent ensemble le Gouvernement de Transition qui a régné de 2003 jusqu’à 2006. Un parlement de transition fut mis en place composé de députés et sénateurs cooptés dans les différentes forces politiques et sociales en place.  C’est ce gouvernement de transition qui va organiser les premières élections présidentielles et législatives au suffrage universel direct en 2006 qui porta Joseph Kabila à la magistrature suprême avec 56% des suffrages exprimés contre 44% remportés  par son concurrent Mr Jean Pierre Bemba. Notez qu’un référendum populaire avait été organisé en décembre 2005 et où le peuple congolais avait voté par oui en majorité pour la mise en place de la nouvelle constitution de la République qui fut promulguée le 18 février 2006. C’est la constitution qui est en vigueur jusqu’à ce jour mais qui a connue une modification en catastrophe en 2011 au profit d’un groupe d’individus de la majorité. 

En 2011, notre pays a organisé ses deuxièmes élections présidentielles et législatives depuis la fin de la dictature. Mais celles-ci furent très contestées par les partis politiques de l’opposition, par certaines organisations nationales et internationales de la société civile, voire par le prélat catholique… Néanmoins, ces contestations n’ont pas empêché le pouvoir en place de diriger le pays bon gré mal gré jusqu’à ce jour. Ce qui a fortement affecté la cohésion nationale. C’est pour remédier à cette situation que les Concertations Nationales furent convoquées afin de tenter d’harmoniser les points de vus des uns et des autres dans le souci de consolider la cohésion nationale, assises que l’opposition radicale avait boycotté. Un gouvernement dit de cohésion nationale sera promis par le chef de l’Etat lors de la cérémonie de clôture de ces concertations. Il sera mis en place une année après en intégrant en son sein quelques membres de l’opposition (MLC) qui seront tout de suite exclus de leur Parti Politique...  

Dans l’entre temps, la machine est déjà en marche pour l’organisation des élections de 2015 et de 2016 qui risquent d’être encore tumultueuses compte tenu des divergences de vue entre la classe politiques (de l’opposition) et la CENI d’une part ainsi qu’entre ceux qui soutiennent et ceux qui s’opposent à une quelconque révision constitutionnelle. Les tentatives de la révision constitutionnelle ayant échouées, le pouvoir en place a tenté un nouveau passage à force en initiant un autre projet de loi dans laquelle l’organisation des prochaines élections présidentielles et législatives était subordonnée au résultat du recensement et de l’identification de la population. Cette disposition de la loi électorale a fait couler non seulement beaucoup de salive mais aussi et malheureusement beaucoup de sang dans la capitale et dans plusieurs villes des provinces où la jeunesse s’est levée pour dire haut et fort NON à une prolongation programmée du mandat du Chef de l’Etat. C’est pour cette raison que nous venons de perdre une semaine, du 19 janvier au 25 janvier 2015, suite aux troubles que juste un alinéa d’un article vient de causer au pays. Si les interpellations ainsi que les mises en garde de la communauté nationale et internationale étaient pris en considération à temps, on aurait évité une quarantaine de mort, plusieurs dizaines de blessés et des centaines des détenus à Kinshasa et en province. Gouverner c’est prévoir, mes chers amis ! Quand vous serrez au pouvoir, soyez à l’écoute du peuple. Il en va de l’intérêt national mais aussi de l’intérêt des institutions en place (la stabilité).  

Pour ce qui concerne la révision constitutionnelle, il convient de préciser que la constitution de la RDC est révisable sur certaines matières mais pas de manière intempestive (confer préambule de la constitution). Elle est  non révisable sur d’autres matières bien précises (article 2020). L’initiative de cette révision incombe au président de la République, au gouvernement après délibération en conseil de ministres, à chacune des chambres du Parlement à l’initiative de la moitié de ses membres, ainsi qu’à une fraction de la population (100000 personnes) qui l’exprime par une pétition adressée à lune des deux chambres du parlement… Toutes ces dispositions sont claires et nettes et prévues dans la présente constitution. Cela ne devait pas susciter des débats houleux comme ceux auxquels nous assistons ce dernier temps, du moins s’il y avait la volonté politique dans le chef des hommes politiques congolais. La jeunesse congolaise est appelée à s’approprier cette loi fondamentale de la République ainsi que toutes les autres lois régissant la société congolaise (loi électorale, loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques…) car son avenir et l’avenir de tout le peuple congolais en dépendent. 

II. PROCESSUS ELECTORAL DANS UN CONTEXTE DEMOCRATIQUE 

Les élections, dans un contexte réellement démocratiques, sont prévues par la constitution et sont précédées par l’adoption au parlement et la promulgation par le chef de l’Etat de la loi électorale portant organisation de tout le processus électoral. Elles sont toujours multipartites (plusieurs forces politiques s’alignent en ordre de compétition) et la population en âge de voter est libre de choisir le candidat de sa préférence à tous les niveaux (Président de la République, Députés, Sénateurs, Gouverneurs, Bourgmestres, conseillers municipaux, Chefs de secteurs...). Elles peuvent s’effectuer en 2 tours (comme en France) ou en un seul tour (comme aux USA); tout dépend de l’organisation interne de chaque Etat.  

Pour ce qui nous concerne, ce processus a consisté ou consistera à la mise en place de l’organe organisateur de ces élections (la CEI en 2006 et la CENI de 2011 à nos jours), de l’établissement du calendrier électoral, de l’établissement de la cartographie électorale (la détermination des circonscriptions électorales), de l’enrôlement des électeurs, de l’enregistrement des candidatures, de la campagne électorale, du vote proprement dit, de la proclamation provisoire des résultats des élections par la CENI, du traitement des contentieux électoraux par la cour suprême de justice ou la cour  constitutionnelle, de la proclamation des résultats définitifs par la cour suprême de justice ou la cour constitutionnelle, de l’investiture du chef de l’Etat élu ainsi que de la mise en place du parlement (Assemblée Nationale, Sénat, Assemblées provinciales…). 

Pour notre cas, en 2006, la constitution prévoyait les élections présidentielles au suffrage universel direct en 2 tours. Les deux premiers candidats ayant obtenu le plus de voix que les autres devaient se représenter pour un second tour où était élu celui qui obtenait la majorité simple des voix (50% des voix + 1 voix). En 2011, la constitution révisée en catastrophe par la majorité au pouvoir prévoit les élections présidentielles en un seul tour. Le candidat qui aura plus de voix que les autres, sauf en cas de contentieux estimés valables et qui peuvent inverser ce score, sera directement proclamé comme président de la République. Pour ce qui est de l’élection des députés nationaux et provinciaux, sera proclamé élu le candidat indépendant ou le candidat d’un parti politique dont la liste aura réuni plus de voix dans une circonscription électorale. Pour l’année 2011, un candidat indépendant devait réunir au moins 64 000 voix dans sa circonscription électorale. Pour les candidats d’un parti politique, ils sont alignés  sur une liste pour chaque circonscription électorale. Si un candidat d’un parti politique réunissait seul les 64 000 voix, il était directement proclamé élu, sauf s’il y avait des contentieux électoraux dans la suite et qui pouvait inverser ce score. Mais si aucun candidat d’un parti politique ne réunissait les 64 000 voix tout seul, on devait ajouter à celui qui aura fait le meilleur score les voix des autres candidats de son parti politique se trouvant sur sa liste et ce, si et seulement si de cette addition on pouvait atteindre ou dépasser les 64 000 voix. Les députés nationaux élus vont constituer l’Assemblée Nationale et les députés provinciaux élus vont former les Assemblées provinciales.  

Les sénateurs et les gouverneurs des provinces, eux, seront élus au suffrage universel indirect par les députés provinciaux qui seront préalablement proclamés élus au niveau de chaque province. Plus tard sera organisée l’élection des conseillers municipaux au suffrage universel direct. Ces derniers à leurs tours vont élire les administrateurs des territoires, les bourgmestres des communes et les maires des villes. Notez qu’en 2006, on n’avait pas procédé à cette dernière catégorie d’élections qui pourront se tenir en 2015. 

Il convient de signaler que la CENI est appelée à organiser ces élections dans la transparence la plus totale tout en respectant le calendrier électoral préalablement établi et publié et tout en se conformant à toutes les dispositions de la constitution et de la loi électorale qui, malheureusement, pose encore problème. L’Etat congolais, lui, doit garantir à tous les électeurs ainsi qu’à tous les candidats et ce, à tous les niveaux, la sécurité et la liberté (liberté de mouvement, liberté d’expression, liberté de choix du candidat préféré, liberté de postuler au poste préféré… selon les cas). Il convient de signaler, contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays, les congolais de la diaspora n’avaient pas droit de voter lors des précédentes élections, sauf s’ils se déplaçaient au pays pour s’enrôler d’abord et voter ensuite le jour du scrutin. Cette disposition a été modifiée dans l’actuelle loi électorale qui sera promulguée par le chef de l’Etat dans les jours qui viennent. Donc ils seront électeurs pour l’élection du Président de la République à partir de leurs pays de résidence.  

Par ailleurs, les partis politiques ainsi que les organisations de la société civile nationale et internationale sont autorisées à déployer respectivement des témoins et des observateurs pour garantir la transparence de ce processus électorale dès la mise en place de la CENI jusqu’à l’installation de toutes les instituions issues de ces élections. Leurs témoignages sont pris en considération lors de l’évaluation du processus électoral dans son ensemble. Ces derniers se limitent à constater le déroulement des élections et d’en produire des rapports à la fin de tout le processus électoral. Ils ne peuvent en aucun cas interférer dans l’organisation de celui-ci même si des cas flagrants de tricheries sont signalés, sauf, à la limite, en informer les agents de l’ordre public. Tous doivent préalablement être accrédités par la CENI. 

III. IMPORTANCE D’UNE BONNE ORGANISATION DES ELECTIONS 

Nous ne pouvons parler de l’importance des élections si et seulement si celles-ci sont organisées dans des bonnes conditions, dans un climat apaisé, climat favorable qui doit être garanti par le respect, par tous, des textes légaux (constitution de la République, loi organique de la CENI, loi électorale, loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques, loi sur le statut de l’opposition, code de bonne conduite des parti politiques…), mais aussi lorsque le calendrier électoral (global) est respecté à la loupe, lorsque la transparence est de mise, lorsque la liberté et  la sécurité sont garanties pour tous, lorsque le budget alloué pour la circonstance est conséquent. Le code de bonne conduite, une  disposition extraconstitutionnelle, est un ensemble de principes, un arrangement entre la CENI et les partis politiques, qui lui aussi peut favoriser la tenue des élections dans un climat apaisée s’il est accepté et signé par tous. L’indépendance réelle de la CENI et la neutralité du pouvoir en place dans l’organisation des élections, sont d’autres préalables pour que les élections se déroulent dans le calme. L’éducation civique de la masse par la CENI, par les partis politiques, par les organisations de la société civile est sans aucun doute une autre condition, non pas la moindre, pour assurer des élections réellement démocratiques, libres et transparentes. Lorsque toutes ces conditions sont réunies, lorsque tout le monde est bien formé et bien informé sur le rôle qu’il doit jouer, lorsque chacun assume en toute responsabilité sa tâche, les élections deviennent intéressantes et importantes parce qu’elles permettent : 

- L’alternance au pouvoir : Lorsque ceux qui dirigent savent qu’ils sont au pouvoir pour un temps bien déterminé et qu’après ce temps, ils doivent rendre compte aux électeurs avant de plier baguage au risque d’être poursuivi par la justice si leur gestion s’avérait calamiteuse, alors ils deviennent conscients et plus responsables. Mais aussi, la chance est donnée à tout le monde qui se retrouverait dans les critères pour postuler à n’importe quel poste.  - La représentation du peuple : Lorsqu’un pays dispose d’un parlement élu, les membres de ce parlement constituent les représentants du peuple au niveau national, provincial et local. Ils doivent, de ce fait, être les portes paroles des citoyens qu’ils représentent pour transmettre au niveau local, provincial ou national les aspirations et les préoccupations du peuple qui seront converties sous forme des lois qui doivent, une fois votées au niveau du Parlement et promulguées par le chef de l’Etat, s’appliquer au niveau local, provincial ou national afin d’assurer le bien-être, la paix et la prospérité pour tous. - Le contrôle parlementaire : Lorsqu’on a un parlement élu, le gouvernement en place est soumis au contrôle de ce parlement. Ce dernier est tenu de suivre à la loupe les actions du gouvernement qui doivent être conformes au programme de ce dernier et au budget préalablement adopté par les élus du peuple et promulgué par le chef de l’Etat. - Le pouvoir par des élites : Lorsqu’un peuple a été bien formé et bien préparé aux élections, il y a lieu qu’il porte à la tête de la nation des élites, des vrais leaders, c’est-à-dire un groupe de personnes sélectionnées de la masse et détenteurs des qualités morales et intellectuelles suffisantes pour assumer les fonctions qui sont les leurs et dans le seul souci d’améliorer continuellement les conditions de vie et de travail des citoyens. - L’abolition des pratiques antidémocratiques : Lorsque ceux qui dirigent le font par un mandat issu des élections et s’ils dirigent conformément aux lois préétablies, il y a moins de chance que des pratiques antidémocratiques telles que les coups d’Etats, les rebellions, les mutineries refassent surface. - La séparation des pouvoirs : Lorsque les institutions en place sont issues des élections, il y a lieu de pratiquer la théorie de Montesquieu : la séparation des pouvoirs. Dans ces conditions, le pouvoir exécutif (le gouvernement), le pouvoir judiciaire (les cours et tribunaux) et le pouvoir législatif (le parlement) fonctionnent sans interférence des attributions des uns dans celles des autres. Il y a complémentarité et non subordination. - La reconnaissance internationale : lorsque le pouvoir en place est issu des élections démocratiques, libres et transparentes, il est tout de suite reconnu par la communauté internationale et de ce fait, il bénéficie de la solidarité et de l’appui de cette communauté internationale. - La participation d’un grand nombre d’électeurs et des forces politiques: Les élections sont réellement crédibles et représentatives lorsqu’un plus grand  nombre de forces politiques en présence et de citoyens en âge de voter y prennent part en s’enrôlant massivement mais aussi en votant effectivement le jour du scrutin et ou en se présentant comme candidat aux différentes catégories d’élection.  

IV. RESPONSABILITES DE LA JEUNESSE POUR UNE BONNE ORGANISATION DES ELECTIONS EN R.D.CONGO  

Face à un processus électoral qui se déroule dans un contexte réellement démocratique, la jeunesse bien informée et responsable, avenir de la nation, est tenue de :  - rechercher avant tout la bonne information sur le déroulement de ces dernières, information qui est contenue en totalité dans la constitution du pays mais aussi dans la loi organique de l’organe organisateur de ces élections (CENI) ; dans la loi électorale. Mais aussi, la bonne information peut être obtenue lors des activités comme celle-ci, à la presse écrite, à la radio et à la télévision, sur l’internet. Dans ces quatre derniers cas, la jeunesse doit avoir un esprit critique, savoir juger et bien interpréter les informations reçues. Ne soyez pas de ceux qui pensent que toutes les informations livrées par la presse audiovisuelle et écrite ainsi qu’à l’internet sont forcément vraies ! Il y a des mensonges bien habillés, de fois livrés par des personnes apparemment crédibles mais qui, en réalité, n’ont comme objectif que de détourner votre attention de la vraie vérité et ainsi vous pousser à voter pour le candidat de l’obédience de celui qui fait cette publicité. Faites attention ! - En plus, la jeunesse, avenir de la nation, est appelée à s’impliquer dans le processus électoral de plusieurs façon : S’il répond aux critères d’éligibilité, il peut, s’il le désire, postuler comme député, comme sénateur, comme gouverneur, comme maire de la ville, comme bourgmestre, comme conseiller municipal, comme chef de territoire… et pourquoi pas comme chef de l’Etat ? La jeunesse doit dès à présent développer ces ambitions ! Le président de la République actuel est un jeune comme vous. Ainsi, vous aussi pouvez devenir président de la République ! j’aimerai que quelqu’un dise avec moi : YES ! I CAN !!! - La jeunesse, avenir de la nation, est aussi appelée à participer à l’observation du déroulement du processus électorale comme observateur électoral, s’il est dans une organisation de la société civile, soit comme témoin des partis politiques, s’il est membre d’une organisation politique. Ceci exige une formation spécifique au préalable. Et nous sommes prêts à vous assurer cette formation dans les jours à venir. - Une jeunesse bien formée et bien informée est appelée à communiquer à la masse sous- informée ou mal-informée, les bonnes informations se rapportant au processus électorale et ainsi, participer à la transparence et à l’apaisement de ce dernier. - Les jeunes que vous êtes devez être très tolérants envers les électeurs qui veulent voter pour un autre candidat différent de celui de votre choix ; très tolérant, très compréhensif envers des candidats qui veulent ou qui ont postulé à un poste pour lequel vous avez déjà un candidat préféré. Rappelez-vous : chacun est libre de voter pour le candidat de son choix, libre de postuler au poste de sa préférence, libre d’adhérer au parti politique de sa prédilection ! Néanmoins, la jeunesse doit être animée non seulement de la bonne foi mais aussi et surtout il doit éclairer le reste de la population pour que les personnes crédibles, honnêtes et capables soient portées à la tête de l’administration du pays, du sommet à la base. - Enfin, la jeunesse, une jeunesse bien informée et responsable, avenir de la nation, doit VOTER UTILE ! Voter utile c’est voter pour le candidat qui, par rapport aux autres, remplit le plus les conditions pouvant lui permettre d’assumer correctement la fonction pour le poste auquel il a postulé ! La jeunesse ne doit pas se laisser corrompre lors de la campagne électorale par les différents candidats qui, certainement, vous proposeront des cadeaux circonstanciels (T-shirt, montres, cahiers, stylos, argent, promesses fallacieuses…). Il est plus honnête d’accepter les cadeaux offerts par votre candidat préféré et qui mérite. Accepter les cadeaux d’un candidat qui ne mérite pas c’est indirectement battre campagne pour lui et ainsi faciliter son élection en défaveur de l’intérêt général. La jeunesse, avenir de la nation ne doit pas voter pour un candidat tout simplement parce que ce dernier est originaire de sa tribu, ressortissant de son district, de sa province, membre de son parti politique, de sa religion ou de son association... VOTER UTILE C’EST VOTER POUR LE CANDIDAT QUI MERITE REELLEMENT, MIEUX QUE TOUS LES AUTRES, LE POSTE POUR LEQUEL IL POSTULE ! 

Avant de vous présenter dans un bureau de vote, veillez répondre sincèrement du fond de votre cœur aux questions ci-dessous, lesquelles questions reprennent « le profile idéal d’un candidat » : 1. A-t-il un bagage intellectuel suffisamment solide qui lui permette d’appréhender avec exactitude les problèmes tant nationaux qu’internationaux et lui donner une vision prospective pour anticiper les événements ? 2. Est-il en mesure d’avoir une opinion personnelle des faits à confronter à celle de ses conseillers ?  3. Possède-t-il une expérience de gestion d’homme grâce à laquelle il lui sera possible de rassembler ses congénères autour d’idéaux nobles ?  4. Est-il moralement et suffisamment armé pour s’abstenir de financer sa campagne électorale sur des fonds du contribuable Congolais et pour s’interdire, après élection, à puiser dans les caisses du trésor Public ?  5. Jouit-il d’une réputation irréprochable nécessaire à la promotion de la bonne gouvernante, de la lutte contre l’impunité et du changement radical des mentalités ?  6. Peut-il tolérer la critique, être imperméable à la surenchère des allégeances et à la sacralisation ?  7. Détient-il l’autorité indispensable pour rétablir l’ordre et la discipline dans le pays et remettre les Congolais au travail ?  8. N’était-il pas un fervent défenseur des régimes dictatoriaux dans notre pays ?, responsable des mouvements insurrectionnels ayant entraîné la mort et la misère de plusieurs milliers de nos concitoyens ?  

9. Enfin, a-t-il ou peut-il dégager un charisme mobilisateur des masses au service national ?   

Enfin, comme dernier guide, nous vous proposons les « dix conseils pour que votre vote soit l’expression de la démocratie » : 1. Ne point voter pour un candidat ou un parti qui incite à la haine tribale ou ethnique ou provinciale ! 2. Ne point voter pour un candidat qui vous corrompe ou vous comble de biens et dons juste pour la campagne électorale et vous abandonne après ! 3. Ne point voter pour quelqu'un qui bat sa campagne sur les injures, la violence, le mensonge, le dénigrement et non sur un programme précis de développement économique et social du pays ! 4. Ne point voter pour des partis ou des candidats uniquement pour la seule raison qu'ils sont de votre ethnie ou province ou région ou secte ! 5. Attention aux discours démagogiques et violents qui vous distraient et vous enflamment inutilement ! Il faut voter sur base d'un programme qui tient compte d'un projet de société démocratique et libre ! 6. Ne point voter pour ceux qui ont abusés des biens et deniers publics ! Attention ! Nombreux vous diront qu'ils se sont convertis aux vertus démocratiques ! 7. Ne point voter pour une personne dont la vie privée et sociale n'est pas exemplaire ! 8. Ne point voter pour un candidat qui fait prévaloir ses intérêts propres ou ceux de sa  tribu ou province au détriment de ceux de la nation entière !  9. Ne point voter pour un candidat tout simplement parce que vous êtes fasciné par sa photo ou son beau discours démagogique ! 10. Ne point voter pour un candidat ayant un passé douteux mais qui vous promet monts et merveilles en prétendant qu'il est désormais un apôtre de changement !  

 En ayant tous ces éléments en tête, nous estimons que vous serrez en même d’opérer un choix judicieux lors des prochaines élections, sans être influencé par les BRUITS et les SPECULATIONS  des hommes politiques. Soyez donc conséquent car les dirigeants que vous allez élire sont soit ceux qui vont sortir le peuple congolais de sa misère la plus noire, soit ceux qui vont maintenir voir accentuer cette misère. Vous voilà donc avertis !  

CONCLUSION 

Pour conclure, nous disons que les élections sont importantes et intéressantes lorsqu’elles sont bien organisées. Et elles sont bien organisées lorsqu’elles se conforment aux textes légaux les ayant instituées. La participation massive de toutes les forces politiques en présences ainsi que d’un plus grand nombre des citoyens en âge de voter les rendent davantage crédibles tant au niveau national qu’international. On a ainsi un pouvoir légitime (accepté par tous) et légal (mis en place avec l’appui des textes légaux : constitution, loi organique de la CENI, loi électorale, arrêt de la cour suprême de justice ou de la cour constitutionnelle,…). Face à un tel processus électoral, la jeunesse doit bien s’informer en cherchant la bonne information à la bonne source. Elle peut participer comme observateur, comme témoin voire comme candidat. Le jour du scrutin, la jeunesse électrice doit voter utile ! !  

Mais lorsque les élections sont mal organisées, elles deviennent moins importantes et moins intéressantes. Elles risquent même de susciter des conflits, voire la guerre (Cfr Cote d’Yvoir, Kenya…). Nous venons nous aussi de frôler la guerre en RDC juste à cause d’une phrase insérée intentionnellement dans la loi électorale pour faire plaisir à un individu ou groupe d’individus. C’est ce que nous devons éviter à tout prix. Dans ce cas, cas que nous ne souhaitons absolument plus pour notre cher pays, la jeunesse doit interpeller à temps les autorités en place afin de prévenir le pire ! Vaut mieux prévenir que guérir! 

Voilà, chers jeunes sur qui repose l’espoir d’un Congo grand et prospère, centre de rayonnement de l’Afrique tout entière, quelques informations sur l’importance d’une bonne organisation des élections et l’attitude que vous devez adopter en sortant de cette salle (en lisant ce document) ! L’avenir du Congo - parce que vous constituez la grande majorité de la population active - repose essentiellement sur votre formation (ensemble d’informations que vous continuez à accumuler à l’école, à l’université, dans les journaux et ouvrages, à la radio et à la télévision, sur l’internet, lors des formations comme celle-ci…) mais surtout cet avenir repose sur l’application (la pratique) judicieuse de ces informations pour l’intérêt de toute la population ! Ainsi, les générations futures pourront témoigner un jour, en votre honneur, qu’ils ont hérité un pays où il fait beau vivre ! Mais si vous gardez ces informations pour vous-même sans les valoriser et sans les transmettre à d’autres couches sociales, elles ne serviront à rien et le Congo ne changera pas. Rappelez-vous : LA JEUNESSE EST LE MOTEUR DU CHANGEMENT ! SI RIEN NE CHANGE EN VOUS, RIEN NE CHANGERA AUTOUR DE VOUS !!!  

Si la jeunesse se lève,  la RDC se réveille et l’Afrique se relève ! 

« Les élections sont une opportunité que la démocratie offre à un peuple pour renouveler, sans violence, la classe dirigeante en remplaçant la médiocrité par l’excellence. Un peuple grand et éclairé qui peut espérer le bonheur, est celui qui propulse au pouvoir, par le vote, les meilleurs de ses citoyens, détenteurs des valeurs morales et des qualités intellectuelles incontestables et animés de la ferme volonté d’œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs concitoyens ! » 

Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu bénisse la R.D.Congo ! Que Dieu bénisse l’Afrique ! 

Yafustan U.W. Atido 

Tél : +243 813 365 888, +243 999 240 611, E-mail :  yaf.atido@gmail.com